La supplémentation en vitamine D en France chez les patients ostéoporotiques ou à risque d’ostéoporose : données récentes et nouvelles pratiques

Revue du Rhumatisme, Octobre 2019, Volume 86, n°5, Pages 448-452

Résumé graphique

 

 

Résumé

Il a été récemment suggéré que la stabilité de la concentration de 25-hydroxyvitamine D (25OHD) ne peut être obtenue lors d’une supplémentation intermittente que si l’espacement entre les prises est inférieur à 3 mois et plutôt de l’ordre d’un mois. Quelques données récentes suggèrent, par ailleurs, que l’utilisation de doses journalières modérées de vitamine D plutôt que de fortes doses administrées de manière intermittentes serait à privilégier, en particulier chez les sujets âgés chuteurs. Le niveau de preuve qu’on peut attribuer à cette suggestion reste toutefois faible avec, en particulier, une absence d’étude ayant comparé directement l’effet de doses journalières et de doses intermittentes équivalentes sur des événements cliniques tels que fractures ou chutes. La prescription d’une prise quotidienne de vitamine D est aujourd’hui difficile, sans forme galénique bien adaptée disponible en France, avec un risque certainement élevé de mauvaise observance. À cette date, et en attendant l’éventuelle disponibilité de formes pharmaceutiques de vitamine D3 adaptées à une prise journalière comme des comprimés ou capsules molles dosées à 1000 ou 1500 UI, nous suggérons de maintenir une administration intermittente telle que préconisée dans les recommandations du GRIO publiées en 2011, mais en choisissant les posologies les moins élevées parmi celles disponibles et les intervalles les plus courts possibles, par exemple 50 000 UI de vitamine D3 tous les mois plutôt que 100 000 UI tous les deux mois.

Mots clés: Vitamine D, Ostéoporose, Muscle, Chute, Métabolisme osseux, Fractures.